Parquet6 min de lecture28 janvier 2026

Le parquet point de Hongrie : l'histoire d'un classique qui refuse de se démoder

On pensait qu'il allait disparaître. Il est partout. Le parquet point de Hongrie fait son grand retour dans les appartements parisiens — et pas seulement dans les haussmanniens. On explore ce motif qui traverse les siècles sans prendre une ride.

Le parquet point de Hongrie : l'histoire d'un classique qui refuse de se démoder
Quand un client nous demande « quel parquet vous me conseillez pour mon salon à Paris ? », on finit de plus en plus souvent par suggérer le point de Hongrie. Il y a cinq ans, on l'aurait considéré comme trop classique, trop attendu. Aujourd'hui, c'est redevenu une évidence. Et ce n'est pas un hasard.

Un motif vieux de trois siècles

Le point de Hongrie apparaît en France au XVIIe siècle, d'abord dans les châteaux, puis se démocratise dans les immeubles bourgeois du XIXe siècle. Son nom vient du motif similaire utilisé dans les broderies traditionnelles hongroises. Techniquement, c'est un parquet où les lames sont coupées en bout à 45 ou 60 degrés, et assemblées bout à bout pour former un motif en chevrons parfaitement alignés. À ne pas confondre avec le parquet chevron classique, où les lames sont simplement coupées droites et assemblées en biais — le rendu est proche mais moins géométriquement pur. Ce détail change tout. Un point de Hongrie, c'est plus propre, plus net, plus élégant. Mais c'est aussi plus long à poser et plus coûteux en matière première, parce qu'il faut couper les lames avec précision.

Pourquoi ce retour en grâce ?

Plusieurs raisons. La première, c'est la vague de rénovation d'appartements haussmanniens, qui remet au goût du jour les codes esthétiques de l'époque. Les moulures sont restaurées, les cheminées remises en valeur, et le parquet point de Hongrie retrouve naturellement sa place. Mais ce qu'on observe surtout, c'est son adoption dans des appartements modernes. Dans un intérieur contemporain, le point de Hongrie apporte une texture, un relief, une histoire. Il casse l'uniformité des sols parfaitement lisses et donne immédiatement du caractère. Les architectes d'intérieur l'utilisent beaucoup. Enfin, côté matériaux, l'offre s'est élargie. On trouve aujourd'hui du point de Hongrie en chêne massif, en chêne contrecollé, en essences plus originales (noyer, frêne, teck). Il y a du choix, donc des budgets variables.

Massif, contrecollé ou stratifié : le vrai débat

On recommande rarement le stratifié en point de Hongrie. Le rendu visuel est là, mais ça reste une imitation plastique qui vieillit mal. Pour un budget serré, mieux vaut opter pour un contrecollé en vraie essence de bois. Le contrecollé, c'est l'option la plus souvent choisie en appartement. Une couche noble en vrai bois (3 à 6 mm) collée sur un support en multiplis. Stable, adapté aux planchers chauffants, acceptable en pose collée. La plupart de nos chantiers récents sont en contrecollé. Le massif, c'est le haut de gamme. Du vrai chêne de bout en bout. Plus épais, plus lourd, plus cher, mais inégalable en longévité : on peut le poncer et le rénover pendant cent ans. Pour un appartement qu'on compte garder longtemps, c'est un vrai investissement.

La pose : là où tout se joue

Un point de Hongrie mal posé, c'est un désastre visuel. Les alignements qui partent en biais, les joints qui se décalent, les coupes périmétriques qui ne sont pas parallèles aux murs — rien ne pardonne dans ce motif. La pose demande un vrai savoir-faire. On commence toujours par tracer soigneusement l'axe central du motif, qui doit idéalement être parallèle à la ligne de regard principale de la pièce (en général la longueur). Ensuite, chaque lame est posée avec une précision millimétrique, vérifiée au cordeau. Une pose de point de Hongrie sur 30 m² prend entre 5 et 8 jours avec un artisan expérimenté. C'est plus long qu'un parquet droit, mais le résultat n'a rien à voir.

Et la finition ?

Un point de Hongrie se vitrifie ou s'huile, c'est une question de goût. La vitrification donne un rendu plus moderne, plus lisse, plus résistant aux taches. L'huile, plus naturelle, laisse le bois respirer et vieillir plus gracieusement — mais demande un entretien régulier (huilage tous les 2-3 ans). Pour la teinte, évitez les bois trop foncés qui alourdissent le motif. Un chêne naturel ou légèrement fumé, c'est souvent le meilleur équilibre entre caractère et lumière.

Pour conclure

Le point de Hongrie, ce n'est pas juste un parquet. C'est un choix qui engage — visuellement, budgétairement, dans la durée. Mais quand on rentre dans un salon parisien baigné de lumière avec un point de Hongrie en chêne clair, on comprend pourquoi ce motif traverse les siècles. Si vous envisagez ce type de pose, on se déplace volontiers pour voir votre pièce, discuter des options, et vous montrer quelques échantillons. On a quelques chantiers de point de Hongrie à vous montrer dans le portfolio — il suffit de demander.

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